9 mois avant « Peter Rob »…

 

 

« Ecrire,

C’est lâcher des oiseaux…

Pour que les gens, les enfants, voient plus beau… »

 

Quand mon téléphone a sonné ce vendredi 28 janvier 2005 à 21h15, je me souviens avoir eu du mal à réaliser ce que me disait Hervé Richez, directeur de collection chez Bamboo (et scénariste, entre autre, de l’excellent « Messager » paru dans la collection « Grand Angle ») , à l’autre bout du fil :

 

- Romuald ? C’est Hervé. Bon, c’est okay, tu peux dire à Nelson que ses planches d’essais sont concluantes. On vous prépare un contrat et on bosse ensemble !

 

 J’ai dû rester muet quelques secondes (vu que Hervé n’arrêtait pas de répéter « Allo ? Allo ? »), le temps de réaliser ce qui m’arrivait, puis j’ai pris un air blasé pour répondre quelque banalité. Mais quand j’ai raccroché ce fut un énorme « YESSSSS ! » qui eut pour effet immédiat de réveiller une petite Ariane de 2 ans 1/2 endormie depuis peu…

 

                9 mois (tiens, un psy y verrait sûrement une allusion fort commode !) s’étaient écoulés depuis que 4 enveloppes remplies de concepts, de synopsis et autres séquenciers étaient parties chez Dupuis, Glénat, Delcourt et Bamboo. Et, toujours, la même réponse, laconique, répétitive à l’ennui, tel un écho redondant :

 

« Nous sommes dans le regret de ne pouvoir donner suite à votre proposition de collaboration, votre scénario, malgré sa grande qualité, n’entrant pas dans notre ligne éditoriale actuelle… ».

 

Un bel exemple de « copier-coller »…

 

                Même la réponse de Bamboo avait été directe, voire lapidaire. C’était le 19 juillet 2004, alors que je sortais de réunion (hé oui, je ne vis pas encore de mes scénars !). Mon portable avait vibré. « Numéro inconnu ».

 

- Bonjour Monsieur Pistis, c’est Hervé Richez à l’appareil. Je suis directeur de collection chez Bamboo.

 

Fort heureusement, je peux rester longtemps en apnée car je me souviens avoir tout simplement cessé de respirer. Comme s’il l’avait entendu, le directeur de collection avait poursuivi :

 

- Ne vous emballez pas, je vous appelle pour vous dire qu’on ne publiera jamais « Annie Cartoon » !

 

C’est bon, là, j’ai repris ma respiration !

 

- Un livre magique trouvé en forêt et qui donne des pouvoirs surnaturels à une adolescente orpheline accompagnée de ses quatre inséparables amis ! ? C’est du déjà-vu, personne n’accepterait de publier ça !

 

Bon, ok, j’aime la franchise mais faut pas pousser, hein ! Heureusement, la suite fut plus agréable à entendre :

 

- Par contre, vous avez un vrai talent puisque j’ai lu l’histoire jusqu’au bout en sachant qu’elle ne serait pas publiée!  Le comble pour un directeur de collection ! Si vous avez d’autres idées dans le tiroir, faites-les moi parvenir !

 

Il y eut d’autres idées dans d’autres tiroirs. Et d’autres refus dans d’autres placards.

 

Puis ce fut « Peter Rob », tome 1 : « Deus ex machina » et mon premier contrat.

 

Hervé dénicha un talentueux dessinateur, Nelson Castillo, et l’aventure commença.

L’histoire

 

Londres, de nos jours… Peter rob est un cambrioleur de génie qui doit son talent à son habileté mais également au don d’ubiquité qu’il possède, lui permettant de se dédoubler et de faire effectuer les cambriolages par son double, lui donnant ainsi un alibi de poids mais également la faculté de traverser quasi-instantanément de grandes distances. Le seul inconvénient est que « l’original » tombe dans un profond sommeil léthargique qui ne prend fin que lorsque le dédoublement s’arrête.

 

Dans le 1 er cycle (composé de 2 tomes), Peter se voit confier une mission par Kitty Mahler, une séduisante agent du MI-6 (services secrets britanniques) : récupérer dans la villa d’un comte à Venise, le manteau de Léonard de Vinci qui renfermerait un redoutable secret…

 

 

Quelques personnages…

 

Avant de commencer le dessin, il a fallu que je fasse parvenir à Nelson les descriptions psychologiques et physiques des personnages. Voici les premiers croquis de quelques personnages :

 

Le héros, Peter Rob :

 

 

 

 

 

 


Une « méchante », Angela, garde du corps du propriétaire d’un fameux diamant, « l’oeil de Bérénice » que Peter dérobe dans la 1ère scène du tome 1 :

 

 

 

 

L’acolyte d’Angela, John, épais et bourru, à la gâchette facile :

 

 

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! La prochaine fois, vous découvrirez le story-board écrit et dessiné de la 1ère planche, les commentaires de l’éditeur, les modifications réalisées par Nelson et la 1ère planche en couleurs…  A bientôt !