La 1ère planche
Comme promis, voici le story-board écrit de
la 1 ère
planche (tome 1, scène 1)
Une histoire c'est un concept (une idée), un synopsis (un gros résumé), un
séquencier (des scènes décrites précisément) et une continuité dialoguée (les
dialogues, les actions décrites case par case). Sur la base de la continuité
dialoguée (appelée également le script), le dessinateur réalise un story-board
(ce que sera la future planche mais dessinée de manière grossière, un peu avec
des "têtes à toto"). Enfin, le 1er crayonné est réalisé, puis
l'encrage et enfin la mise en couleur.
Ajoutez à cela qu'il faut essayer de mettre les actions sur les planches
impaires (le lecteur est ainsi fait qu’il regarde d’abord la page impaire),
écrire un maximum de 3 planches par scène et de 7 cases (rarement 8, compris
Hervé !) par planche et diluer l'histoire sur 18 à 22 scènes avec 46 planches!
«Romuald, si tu pouvais essayer de
terminer une scène sur une page impaire, ce serait encore mieux ! ».
Pas de doute, par moment j’ai l’impression qu'il est plus facile d’écrire un
roman… Allez, c’est parti pour la 1 ère planche !
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[PLANCHE 1]
VIGNETTE 1
Plan panoramique. Nuit. Pas de lune dans
le ciel. Cette case occupe toute la largeur de la 1ère page. On voit un grand
parc arboré et, au milieu, un petit château très luxueux (voir documentation
envoyée en annexe). Il est éclairé au 1er étage.
VOIX OFF
Londres. Quartier de
Bloomsburry...
VIGNETTE 2
Zoom avant sur la fenêtre éclairée. On se
rend compte que ce n'est pas toute la pièce qui est éclairée mais juste un
endroit précis par une lampe torche.
VIGNETTE 3
Zoom avant à l'intérieur de la pièce.
Peter Rob, tout de noir vêtu, est agenouillé devant un coffre-fort. Il est muni
d'oreillettes reliées à un appareil fixé sur la porte du coffre-fort.
L'appareil est muni d'une petite fenêtre digitale sur laquelle défile des
chiffres. Peter a l'air concentré et de fines gouttes de sueur perlent à son
front. (Note au dessinateur : l’appareil n’est pas indispensable. On peut
imaginer le coffre-fort déjà ouvert ou un plan panoramique de dos ou on voit
Peter ==> vignette 4 immédiatement).
VIGNETTE 4
Un déclic et la porte du coffre-fort qui
s'entrouvre. Peter est ravi.
PETER
(en pensée)
Enfin!...
VIGNETTE 5
La porte du coffre-fort est ouverte et
Peter tient entre le pouce et l'index de la main droite un splendide diamant au
coeur duquel se trouve une pépite d'or. De sa main gauche il tient la lampe de
poche qui éclaire le diamant.
PETER
(en pensée)
L'oeil de Bérénice! Le plus beau diamant du monde!... Si
j'étais malhonnête je le garderais bien pour moi...
VIGNETTE 6
Plan panoramique de la pièce. La lumière
s'allume soudain dans la pièce. Peter tourne la tête sur sa droite. Un homme
d'une cinquantaine d'années, moustache et cheveux grisonnants, en robe de
chambre, se tient debout, encadré par deux gardes du corps : un homme et une
femme (Angela et John), tous deux armés et habillés.
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Le
story-board dessiné de la 1 ère planche
C’est une équipe de Walt Disney qui inventa ce principe en épinglant sur un
tableau (board) des images grossièrement dessinées figurant la mise en scène de
l’histoire (story). Même si au début j’avais des doutes, je dois bien avouer
que ces « story » sont d’une aide précieuse. Ils permettent d’un seul coup
d’oeil de voir ce qui fonctionne ou non dans une planche. En plus ça donne
moins de boulot au dessinateur en cas de modification et on est quasiment sûr
que la planche dessinée sera bonne du 1 er coup (euh, j’ai dit « quasiment »… voir plus
loin !). Voir figure ci-jointe.
Le « story » plaît apparemment à l’éditeur, mis à part la seconde vignette qui
présente la fenêtre éclairée sous un mauvais angle (90° serait mieux). Nelson
réalise alors la planche en noir et blanc (voir seconde image attachée)...

Comme vous le remarquerez, la planche correspond presque trait pour trait au
story. Les 2 dernières vignettes ont cependant quelques petits changements à
subir :
1) Dans l’avant-dernière vignette, Peter ne regarde pas le diamant
2) Je trouve le diamant trop petit ! Il faut qu’on voie bien le diamant et, à
l’intérieur, une grosse pépite d’or. « L’oeil de Bérénice » peut paraître
anecdotique mais, ce que le lecteur ignore, c’est qu’il va jouer un rôle
central dans toute l’histoire (surtout dans la conclusion (tome 2) )
4) La transition entre avant-dernière vignette et dernière vignette est trop
brutale. Rajouter une vignette de transition avec un gros plan sur une main qui
allume un interrupteur ?
5) Enfin, la dernière vignette est mal orientée. On devrait voir Peter Rob en
bas à droite(rotation de 180° vers la droite) pour amorcer la prochaine page et
donner envie au lecteur de tourner la page…
Suite au prochain numéro pour voir la planche corrigée en N&B puis la
planche en couleurs!